L’oiseau fait son nid – Nous, les menteurs

Culture

Nous, les menteurs

J’avais aujourd’hui envie d’évoquer un sujet qui me trotte dans la tête, mais je ne savais pas vraiment comment l’aborder sur ce blog. Je vais donc le faire simplement, en vous présentant les choses telles qu’elles me viennent à l’esprit, en espérant tout de même faire preuve d’un peu de clarté 😉

Je suis actuellement en stage pour deux semaines, et j’ai fait le choix d’effectuer ce stage en Savoie, chez mes parents, là où j’ai vécu mes 18 premières années. Voilà en effet six ans que je vis seule (enfin, plus vraiment seule depuis deux ans… 😉 ), et c’est une sensation assez étrange de revenir habiter chez ses parents dans un contexte professionnel.

La Savoie, si là comme ça, ça ne vous faisait pas trop rêver.

La Savoie, si, là comme ça, ça ne vous faisait pas encore trop rêver.

J’ai quitté le « cocon familial » assez tôt finalement, même si, sur le coup, je ne m’en suis pas vraiment rendue compte. J’avais besoin de partir de cette campagne savoyarde, besoin d’un peu d’indépendance. Et je n’ai pas fait les choses à moitié : Paris, Aix-en-Provence, Lille… des villes trop éloignées pour rentrer le week-end.

Pour être honnête, je ne peux pas dire que cela s’est fait aussi facilement que je le pensais lorsque j’étais au lycée. 18 ans, c’est tout de même assez jeune pour partir vivre seule à Paris, où je n’avais alors jamais mis les pieds. Il faut s’adapter, se repérer, socialiser. On n’y pense pas forcément, mais le plus difficile a été de m’alimenter (mais je reviendrai là-dessus dans un prochain article 😉 ). Mes deux premières années d’autonomie ont franchement été très difficiles, mais elles m’ont permis de grandir.

Genre, vraiment grandir.

Aujourd’hui, quand je retourne chez mes parents, je ressens ce changement. J’apprécie désormais à leur juste valeur des choses auxquelles je ne prêtais même pas attention plus jeune : un repas équilibré, une machine à laver, une écoute attentive… C’est le point positif, quand on revient chez ses parents juste pour les vacances, on est accueilli comme un invité 😉 Mais d’autres petites choses se révèlent un peu plus difficiles à gérer, un poil agaçantes : les petites manies qu’on avait oubliées, le son de la télévision trop fort… Par exemple, j’ai l’habitude de prendre mon petit-déjeuner toute seule dans le silence le plus complet, chose totalement impossible ici (pourtant j’ai essayé tous les stratagèmes possibles !).

Je sais aujourd’hui que je serais incapable de faire comme Tanguy et revenir vivre chez mes parents. J’ai la chance de pouvoir payer mon loyer et mes (nombreuses) factures, tout en appréciant revenir parfois chez mes parents, mais seulement pour un stage ou des vacances. J’ai désormais mon mode de vie, mes habitudes, mes manies aussi. Et même s’il ne faut compter que sur soi-même pour enfiler une housse de couette, nettoyer le frigo ou sortir les poubelles ( = le combo de la déprime), j’apprécie et je ne pourrais plus me passer de cette autonomie.

Qu’en pensez-vous ? Si vous vivez chez vos parents, est-ce que cette cohabitation vous pèse ? Si vous vivez seul(e), la transition a-t-elle été difficile ? Reviendriez-vous vivre chez vos parents si cela était possible ? 🙂 Je suis curieuse de savoir !

Nous, les menteurs

                      Nous, les menteurs

Après toute cette réflexion, je souhaitais vous parler rapidement d’une de mes dernières lectures : Nous les menteurs, de E. Lockhart, publié chez Gallimard jeunesse.

Pourquoi « rapidement » ? Tout simplement car je ne souhaite pas trop vous résumer ce roman, pour ne rien gâcher. Disons simplement qu’il s’agit de l’histoire d’un groupe d’amis, issus d’une famille très riche, passant tous leurs étés ensemble.

J’ai beaucoup aimé la sensation que procure cette lecture, une sorte de malaise, un truc bizarre, une ambiance presque malsaine. Un peu comme si les choses étaient en suspens. L’impression qu’on nous cache quelque chose. Qu’on nous ment par omission. J’adore ça ! J’adore cette idée de mettre le lecteur dans l’inconfort.

C’est le gros point fort du livre, ce qui le rend original et qui m’a convaincue. Néanmoins, je dois avouer que certains passages « romantiques » (dans le sens : mettant en scène une romance) m’ont un peu agacé, mais à vrai dire les déclarations d’amour passionnées entre adolescents ont tendance à me laisser de marbre…

Par ailleurs, le livre se lit vraiment rapidement. Je ne pense pas que ce soit un argument en faveur ou en défaveur du roman, mais il faut le savoir.

Deux petits derniers éléments à noter et je vous laisse tranquilles : l’histoire se déroule en été (ce n’est donc absolument pas de saison, et je sais que beaucoup sont sensibles à lire en phase avec l’ambiance automnale/hivernale) et me semble tout de même viser un public plutôt adolescent. Ce ne sont pas des défauts, mais à prendre en compte avant de se lancer 😉

Ma note : 3/5 (c’est une bonne note ! )

Si vous avez aimé Nous les menteurs je vous conseille : Le monde de Charlie, Stephen Chbosky

PS : si cela vous intéresse, j’ai lancé deux concours, sur Instagram et sur ma page Facebook, pour gagner un exemplaire dédicacé de Endgame, ainsi que deux tomes 2 😉

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16 Commentaires

  1. Bonsoir bonsoir,
    J’ai moi même quitté le nid assez tôt, comme toi à mes 18 ans. Bon je ne suis pas allée à Paris mais à Rennes, personnellement je ne crois pas pouvoir vivre à Paris, trop grand à mon goût, j’ai besoin de mon petit coin tranquille. Il est vrai que revenir chez ses parents est assez bizarre, il faut reprendre « l’ancienne » routine, mais, des fois, ça fait un bien fou de s’y ressourcer.
    Concernant Nous les menteurs, je l’ai également lu et je m’en souviens comme d’une lecture agréable, même s’il ne laissera pas une marque indélébile dans mon esprit 🙂
    Bonne soirée, gros bisous 😉

  2. Coucou Clélia !
    Personnellement je vis toujours chez mes parents, ce qui je te l’accorde n’est pas pratique et même souvent usant. En fait je suis totalement partagée car d’un côté, je me dis que j’aime ce réconfort de rentrer le soir chez mes parents, de ne pas manger seule face à mon assiette. Mais je pense que j’aimerais bien cette indépendance car ça me permettrais de grandir également et de couper le cordon. J’apprécierais certainement ma tranquillité, ne plus avoir à réviser avec ma sœur écoutant sa musique à fond dans la chambre à côté, mon frère qui vient me déranger quand je fais mes TD ou encore supporter le bruit incessant des gamins que garde ma mère. Je pourrais également m’organiser comme je le souhaite et mon travail serait plus efficace. Malheureusement, ce n’est pas possible actuellement et je vais devoir rester à la maison pendant mon master encore. C’est un peu l’histoire du serpent qui se mord la queue : je peux pas avoir d’appartement pour des raisons financières, mais si je part ce sera pire, donc je reste mais je ne peux tout de même pas en avoir, d’autant plus que mes parents ne jugent pas nécessaire que j’en ai un car puisque mon père fait le trajet tous les jours entre la maison et Limoges, ils ne voient pas pourquoi moi je ne pourrais pas le faire, et pourquoi je le trouve fatiguant.
    Sinon, nous les menteurs, je le possède dans ma PAL et espère l’en sortir très bientôt pour voir de quoi il retourne 🙂
    Bonne soirée, bisous ! 😉

  3. Hello ! Un article intéressant, comme toujours 🙂

    Personnellement, je vis encore chez ma mère mais depuis mes 14-15 ans j’ai cette envie d’indépendance. Je pense que c’est la période de l’adolescence qui fait ça. Donc oui, je suis un peu pressée de partir de chez moi, d’avoir mon propre appart’ même si je sais que ma mère va me manquer. Après tout, je me dis qu’on doit tous un jour ou l’autre, prendre son envole et voler de nos propres ailes et je sais qu’elle sera toujours là pour moi, quoiqu’il arrive ^^

  4. Corentin

    Salut Clélia !
    Je suis également « parti »de chez mes parents à 18 ans. Parti à moitié car je reviens souvent chez eux le week-end. Je me suis rapidement habitué à ce rythme, tout s’est fait facilement. Mais l’année prochaine je change de ville universitaire donc il va falloir m’habituer à ne plus compter sur ces week-ends. Ça me fait un peu peur d’être totalement coupé de mes parents mais en même temps j’en ai vraiment envie. J’ai déjà pas mal d’indépendance mais j’ai besoin de plus, de couper le cordon entièrement.

    Ton article est à ce propos très inspirant ! On sait que ce n’est pas facile mais au final on ne le regrette pas, c’est même nécessaire.
    Bravo pour les quelques articles que tu as écrit (je suis un peu en retard), ton écriture est très agréable et je me retrouve beaucoup dans ce que tu décrits. Donc Merci 🙂

    • Clélia

      Coucou Corentin ! ça me fait plaisir de te voir ici 😉 Et du coup ton commentaire me permet de te connaitre un petit peu mieux 🙂 Je comprends totalement ce que tu veux dire, je suis sure que tu apprécieras les week-end qui n’appartiendront qu’à toi l’année prochaine, et que tu trouveras de quoi les occuper 🙂 Et oui, cela se fait petit à petit, mais on y arrive 🙂 Merci beaucoup pour ton commentaire vraiment, je suis ravie de voir que nous échangeons toujours, depuis le concours d’il y a 3 ans 🙂

  5. Sujet délicat pour moi. J’ai quitté la maison à 20 ans avec un grand soulagement et une grosse envie d’indépendance mais… sans savoir que 2 ans plus tard je perdrai mon père et 8 ans encore après, ma mère. C’est la vie, c’est comme ça. Les jeunes prennent leur envol et le fil du destin continue. Après toutes ces années, je m’aperçois qu’une des clés est de faire en sortes de ne pas avoir de regrets. Et d’accepter de ne pas toujours pouvoir faire plaisir à tout le monde. Je pense que ma mère aurait voulu nous voir mon frère et moi comme des enfants de 5 ans, à la maison avec elle. Ce n’était pas possible, il a fallu trouver un autre équilibre pour nous satisfaire toutes les deux. J’ai eu l’occasion de parler avec elle de mon départ de la maison. Elle l’a vécu très différemment de ce que je pensais. C’était intéressant et m’a fait changer de vision sur cet événement.

  6. bookmetiboux

    Personnellement, j’aurai souhaité rester dans le nid familial un peu plus longtemps histoire d’avoir le temps de mettre quelques sous de côté. Malheureusement, cela ne se passe jamais comme on veut ! Il a fallut que je parte, que je prenne mon indépendance car vivre dans un climat « de violence » n’est pas bon pour se construire. Au final, je me suis très vite habituée à vivre seule durant quelques années. Et ensuite, partager mon quotidien avec ma moitié. Aujourd’hui, j’aime mon indépendance, le fait d’avoir des habitudes, tu vois le petit train train, la petite routine qu’on s’installe sans se rendre forcément compte et qu’on ne quitterait pour rien au monde… ou alors, juste le temps de quelques jours comme un stage ou des vacances quoi.

    J’en profite pour te dire que j’aime beaucoup ce genre de billets où tu partages tes pensées ou tu te livres un peu plus intimement. C’est d’ailleurs pour ce type d’article que je me suis inscrite à ta news.

    En ce qui concerne la lecture, nous les menteurs figure dans ma PAL et Le monde de Charlie dans ma liste d’envie. Si j’en ai l’opportunité, je me pencherai dessus ce mois-ci.

    A bientôt, Tiboux

    • Clélia

      Coucou Tiboux ! 🙂 Ton passage sur mon blog me fait vraiment très plaisir. Merci beaucoup d’avoir partagé ton expérience, je vois tout à fait ce que tu veux dire, c’est clair qu’avoir la possibilité de rester chez ses parents est financièrement très appréciable. Finalement l’indépendance a un prix, mais parfois cela vaut vraiment la peine de le payer 😉 Tout à fait d’accord avec toi, notre petite routine est vraiment très importante ! 🙂 Merci beaucoup pour ton commentaire, venant de toi il me fait encore plus plaisir ! 🙂 A très bientôt j’espère 🙂

  7. Bonsoir Clélia,

    Depuis le bac j’ai alterné vivre en couple, en couple mais seule loin, plus en couple mais seule loin, retour chez les parents pour travailler dans ma ville, puis reprise d’études et emménagement en couple.

    Bref, je connais ces moments de solitude et de joie mêlés de se retrouver dans un chez-soi douillet et ensuite retrouver la vie de famille et accepter les habitudes des parents.

    J’apprécie mieux de les voir maintenant uen fois par semaine que tous les jours.

    En ce moment je lis Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven et j’adore !

    • Clélia

      Coucou Hélène ! 🙂 Merci beaucoup d’avoir fait part de ton expérience, c’est très intéressant, d’autant plus que tu as vécu des situations très différentes ! J’imagine en effet qu’on se comprend concernant ces petits moments du retour « chez soi »/chez ses parents. Je comprends totalement ce que tu veux dire.
      J’ai moi aussi lu récemment Tous nos jours parfaits, contente de voir que tu as apprécié cette lecture ! 🙂

  8. Très bel article et ne t’en fais pas tes idées étaient très claires ! Je ne peux pas vraiment m’exprimer sur ce sujet du haut de mes 13 ans mais je pense que quitter le nid sera dur pour moi…^^

    • Clélia

      Coucou Victoire 🙂 Merci beaucoup 😉 Oh oui c’est sur à 13 ans tout cela peut te sembler loin, mais ne t’en fais pas ça se fera probablement tout naturellement 🙂 Plein de bisous à toi!

  9. Julie

    Salut !
    J’ai aussi quitté le cocon familial à 18 ans. Ca ne me parait pas si jeune que ça puisque c’est l’âge (à peu près) où on commence ses études. Et quand on vit à la campagne …bah on est un peu obligé de partir pour vivre sa propre vie d’étudiant ! Pour ma part, ça n’a pas été difficile. Mais j’ai toujours été un peu « indépendante », à vadrouiller partout et à partir à l’aventure sans trop me poser de questions. Du coup c’était un nouveau challenge à valider 🙂 Mais comme toi, j’ai dû retourner vivre chez mes parents. C’est quand j’ai eu mon diplôme, il y a maintenant un peu plus d’un an. En attendant de trouver du travail, je suis retourner chez papa / maman. Et comme toi, ça n’a pas été facile. Comme tu le dis, y retourner occasionnellement, ça fait plaisir et ça fait du bien. Y rester un peu trop, c’est beaucoup moins plaisant ^^ mais quand on a pas le choix, il faut faire avec 🙂 et les Tanguy n’ont jamais vraiment quitté le domicile parental, d’où leur facilité à y rester. Quand on a goûté à la liberté, c’est difficile de revenir en arrière 😉

    En tout cas, j’ai bien aimé ton article 🙂 et tu m’as bien donné envie de lire ce livre !!! 😀
    Je voulais savoir (je débarque un peu hein ^^), quand on a pas de blog, qu’on est simple internaute, y a t-il moyen de s’abonner à ton blog ? Je te suis sur youtube (et maintenant sur tous les réseaux sociaux que tu fréquentes ^^) mais comme je sais que tu y es moins, je voulais avoir un autre biais sur lequel te suivre et comme tes articles me plaisent bien … bref voilà 🙂

    • Clélia

      Coucou Julie ! 🙂 Merci beaucoup d’avoir partagé ton expérience, c’est très enrichissant. Eh oui, étant moi-même campagnarde je ne peux que confirmer, pour les études supérieures, on n’a pas le choix, il faut partir ! ^^ Je comprends totalement ce que tu veux dire. Une fois goûté à l’indépendance, c’est vraiment difficile de se retrouver chez papa/maman ^^ Merci beaucoup en tout cas pour ton commentaire 🙂 Si tu souhaites t’abonner au blog, il y a à droit un espace où laisser ton adresse mail, normalement tu recevras un mail à chaque nouvel article (n’hésite pas à me dire si ça ne fonctionne pas !). A très bientôt j’espère 🙂

  10. Coucou Clélia,

    Mon envie d’indépendance est venu tôt pour ma part, au lycée j’avais déjà demandé à entrer en internat, et après le BAC, je suis partie comme toi faire ma petite vie loin de chez mes parents, Montpellier, maintenant Paris.
    Impossible de songer à devenir une Tanguy, j’ai passé beaucoup trop de temps en dehors du cocon familiale pour m’y retrouver une place aujourd’hui.
    J’aime toujours autant revenir chez mes parents de temps en temps, avec le boulot je ne peux y aller que 2 fois par an. Cela peut paraître très peu pour certains, pour moi c’est le maximum que je peux supporter. Car comme tu le dis, même si retrouver les petites choses simples est agréable, les balades en foret, le thé devant la cheminée, je me sens vite plus à ma place, comme une étrangère. Et j’ai de plus en plus de mal à m’adapter au mode de vie de mes parents lors de séjours un peu plus long. Je pense que les deux générations ne sont vraiment pas faites pour cohabiter ensemble !

    Bonne soirée 🙂

    • Clélia

      Coucou Morgane ! 🙂
      Merci beaucoup d’avoir partagé ton expérience 🙂 En effet, je vois que nous avons eu des chemins similaires en partant très vite du cocon familial 😉 Je comprends totalement ce que tu veux dire. C’est marrant parce que pour moi aussi, rentrer chez mes parents signifie les ballades en forêt et le thé 😀 Je pense que tu as raison, c’est aussi une question de génération, nous n’avons plus les mêmes rythmes de vie, loisirs, préoccupations…
      De gros bisous à toi, merci pour ton commentaire 🙂

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