Chers lecteurs,

Aujourd’hui ce n’est pas moi aux manettes, mais Adeline, mon envoyée spéciale à l’exposition « Marie Curie, une femme au Panthéon » ! J’ai été invitée à découvrir cette exposition, mais j’étais malheureusement indisponible ce jour-là. Heureusement Adeline a pu être présente pour le blog et nous rédiger un super article ! Comme je vous l’expliquais dans cette vidéo, je ne serai désormais plus seule pour rédiger des articles sur Cher lecteur, la rédaction s’agrandit et ça me rend très heureuse ! Je vous expliquerai tout cela très prochainement dans un nouvel article, mais en attendant je vous laisse découvrir l’article d’Adeline sur l’exposition « Marie Curie, une femme au Panthéon » (exposition jusqu’au 4 mars 2018)…

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Bonjour à tous !

Si je vous demandais de me citer le nom d’un scientifique, comme ça, au débotté, il est probable qu’entre quelques Einstein, Descartes, Newton ou Galilée, vous seriez assez nombreux à me répondre « Marie Curie ». Mais savez-vous vraiment ce qu’elle a apporté à la science, pourquoi elle a eu ses Prix Nobel ou pourquoi elle repose au Panthéon ?

Pour moi, Marie Curie est sans doute l’une des personnalités les plus célèbres à l’heure actuelle et les plus méconnues. Devenue symbole de la dévotion à la science et au travail, figure féministe par sa position de pionnière, elle est même assez « pop » pour être citée dans les Simpson, dans la sitcom américaine Big Bang Theory ou pour avoir des films à sa gloire. En Pologne où elle est née il y a 150 ans tout pile, elle est une véritable gloire nationale. Mais qui est vraiment Marie Curie, derrière cette image ?

Heureusement, une exposition au Panthéon de Paris, organisée en étroite collaboration avec le Musée Curie (situé quelques dizaines de mètres plus loin, pratique !) permet de mieux connaître cette grande figure de l’histoire des sciences.

Et ça tombe bien, nous avons eu la chance d’être invitées pour une (superbe) visite en compagnie de l’un des commissaires de l’exposition, Renaud Huynh – et comme Clélia travaille (quelle idée), c’est moi qui me suis rendue à l’invitation.

De quoi parle l’exposition ?

Pourquoi le choix du Panthéon pour cette exposition ? Tout simplement parce que Marie Curie y repose en compagne de son époux Pierre Curie depuis 1995. Elle est la première femme à faire son entrée posthume grâce à ses propres mérites dans cette institution censée marquer la reconnaissance de la Nation auprès de ses grands hommes (longtemps à prendre au sens propre, la Nation s’étant montrée assez oublieuse de ses grandes femmes…).

Ce qui est assez amusant, comme le narrent les lettres exposées dans l’institution, c’est que selon le souhait du président Mitterrand (conseillé sur la question par des femmes comme Carrère d’Encausse ou Simone Veil), elle aurait dû être seule à être transférée au Panthéon. Sa fille Eve Curie finit par accepter à condition que son père, Pierre Curie, avec qui Marie Curie avait mené ses recherches dans la première partie de sa vie, l’y accompagne.

Énorme retournement de situation : au début du XXe siècle, le scientifique célèbre et reconnu du couple, c’était plutôt Pierre Curie lui-même, au détriment de son épouse. L’exposition cherche à nous expliquer les raisons de ce changement au cours de cinq sections consacrées à la formation puis à la vie publique et intime de Marie Curie. De instruments scientifiques, en films d’époque, des unes de journaux aux extraits de journal intime, des carnets de recherches aux photographies, on se laisse véritablement porter dans cette exposition qu’il est bien difficile de résumer en quelques mots. En effet, si elle est plutôt courte, elle aborde de multiples aspects de la carrière de la scientifique. Mais voici ce que, moi, j’en ai retenu :

Marie Curie, une étrangère à Paris

Marie Sklodowska Curie est née dans une Pologne occupée par ses voisins, l’Allemagne et la Russie, et elle va garder un attachement tout particulier à son pays d’origine. Si elle vient à Paris en 1891, c’est pour suivre des études supérieures, interdites aux femmes en Pologne. Une fois ces (brillantes) études achevées (tout de même deux licences en physique et en mathématiques), elle a l’intention d’y retourner et s’engage pour l’indépendance de la Pologne. Finalement, son mariage avec l’un de ses professeurs Pierre Curie et les recherches qu’ils commencent à mener ensemble auront raison de ce rêve.

Mais ça n’empêche pas Marie Sklodowska Curie (comme elle signe) de continuer à lutter pour l’indépendance de la Pologne. Quant à la presse xénophobe et misogyne de l’époque, elle s’en donnera à cœur joie pour attaquer « l’étrangère », tout au long de la vie de Marie Curie.

Ses recherches et ses prix Nobel

Marie Curie est d’abord une scientifique exceptionnelle. Avec son époux Pierre et un autre chercheur, Henri Becquerel, elle reçoit le Prix Nobel de physique en 1903 pour leurs recherches sur les radiations. Puis en 1911, elle obtient seule (Pierre étant décédé en 1906) le Prix Nobel de chimie.

Les époux Curie dans la presse scientifique

C’est bien beau ces récompenses mais qu’a-t-elle vraiment découvert ?
En compagnie de ses collègues, elle travaille sur la radioactivité et identifie deux nouveaux éléments chimiques, le polonium et le radium, qui émettent des rayonnements.
Cette radioactivité aura ensuite des répercussions dans les traitements des cancers (ce que Marie Curie va favoriser sans y travailler elle-même), mais aussi dans le nucléaire. Il faut noter que les Curie ne vont jamais breveter ces découvertes, c’est-à-dire que les scientifiques du monde entier y auront un accès libre.
Marie Curie est également à la tête d’un laboratoire et enseigne à l’Université de Paris.

Le Prix Nobel de 1903

Sa vie familiale

Marie Curie est la mère de deux filles, Irène Joliot-Curie (grande scientifique elle-même, Prix Nobel et l’une des premières femmes secrétaires d’Etat) et Eve Curie (la littéraire de la famille). Très proche d’elles, elle leur apprend l’importance des sciences mais aussi… Du sport ! Un esprit sain dans un corps sain, c’est son credo.

Son engagement dans la Première Guerre mondiale

Irène Curie en 1916

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Marie Curie propose de créer pour la Croix-Rouge des petites unités radiologiques qui vont se déplacer sur la ligne de front. Grâce à de nombreux opérateurs, dont sa fille Irène, les médecins peuvent utiliser des radios (obtenues par des rayonnements) pour repérer les fractures et les éclats d’obus et mieux soigner les soldats.
Marie Curie se rend elle-même sur le front dans une de ces unités. C’est d’ailleurs ce qui cause son décès, vingt ans plus tard, en 1934. Les rayons X qu’elle a subi trop longtemps durant cette période ont engendré une forme de leucémie.

Son immense gloire posthume

Je l’ai déjà dit, Marie Curie, déjà célèbre de son vivant, devient une véritable icône après sa mort, notamment grâce à la biographie rédigée par sa fille, Eve Curie. La dernière partie de l’exposition évoque rapidement cette question à travers des extraits de films tournés sur sa vie et par cette fameuse entrée de 1995 au Panthéon.
D’ailleurs, avant de quitter le Panthéon, n’oubliez pas de descendre dans la crypte où elle repose !

Le Musée Curie et l’histoire du radium


On a déjà appris énormément de choses sur Marie Curie… L’exposition ne s’arrête pas là ! A quelques minutes de marche, se trouve le très beau Musée Curie qui explique de manière claire la découverte du radium et son exploitation (idéal pour moi qui ne comprend définitivement pas grand-chose aux sciences).

Au passage, y est aussi présentée la vie au laboratoire de recherches de l’Institut du radium dirigé par Marie Curie et on peut jeter un coup d’œil dans le bureau qu’elle a occupé.

Mon avis

Cette exposition est l’un de mes coups de cœur de l’année ! Elle dévoile de manière passionnante les travaux et la personnalité de cette grande dame, que j’ai l’impression d’avoir redécouvert Marie Curie.

Envie d’une petite sortie pendant les vacances de Noël ? Même hors des vacances, je ne peux que vous encourager à vous rendre au Panthéon et au musée Curie, d’autant que de nombreux événements sont organisés, notamment pour les enfants (vous trouverez toutes les informations sur cette page).

Et avant de vous quitter, un énorme merci à l’extraordinaire Renaud Huynh dont la passion a été communicative, à Elise du Musée Curie et au Centre des Monuments Nationaux pour leur accueil.

 

Marie Curie, la première femme au Panthéon, l’exposition anniversaire

Du 8 novembre 2017 au 4 mars 2018

Plus d’informations sur l’exposition : cliquez ici !

Musée Curie : http://musee.curie.fr

Prix : Gratuit (-26 ans, handicapé, RSA)
7 euros (tarif réduit)
9 euros (tarif plein)

Adresse : Le Panthéon
13, Rue Victor Cousin
75005 Paris 5

On espère que ce premier article vous a plu, n’hésitez pas si vous avez des questions  ! À très vite…

Adeline & Clélia