Bonjour à tous ! Me voici pour un nouvel article avec un format révolutionnaire (enfin non, mais j’essaie de faire monter le suspens).

En effet, à la fin de chaque mois, je vais essayer de faire le bilan de ce que j’ai vu/lu durant les dernières semaines… ça ne sera pas forcément des coups de cœur, mais plutôt les ouvrages, films et séries qui ont marqué mon mois. Et pour novembre, la sélection que j’ai faite est large (dans tous les sens du terme) parce que je me suis pas mal baladée, à Paris du moins (car oui, je suis parisienne, je n’ai pas encore le don d’ubiquité, hélas), et surtout parce que j’ai vu des choses assez différentes.

Prêts ? Alors c’est parti pour mon mois de décembre 2017 !

Le roman du mois
Le Joueur de baccara, d’Alexandra Echkenazi. Paru chez Belfond.

De quoi ça parle ? On suit le parcours d’un célèbre espion de la Seconde Guerre mondiale, le yougoslave Dusko Popov, sur plusieurs décennies, des années 1930 aux 1950, en gros. Engagé tout d’abord par les services secrets allemands, il propose finalement ses services aux Anglais, en pleine Seconde Guerre mondiale, et rencontre à plusieurs reprises un certain Ian Fleming à qui il va inspirer le personnage de… James Bond.

Verdict ? Bon, j’avoue, je ne suis pas du tout une fan de James Bond, dont je n’ai jamais lu les aventures (mais j’ai dû voir un ou deux films dans mon existence tout
de même). Si le livre m’a attirée, c’est qu’en revanche, j’adore littéralement les histoires d’espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale. En plus, le résumé laissait penser qu’il y aurait aussi une réflexion autour de l’inspiration en littérature et de la façon dont une histoire réelle finit par être retranscrite mais déformée et grossie dans un roman d’aventures. Du moins, c’est ce que j’avais compris du résumé et en réalité… J’en attendais un peu trop.

Du coup, malgré le sujet alléchant, des premières scènes intéressantes autour de la « jeunesse dorée » dans l’Allemagne des années 1930 et quelques fulgurances dans les descriptions qui restituent parfois l’ambiance de l’époque, j’ai été plutôt déçue. Le récit se réduit vite à une succession de scénettes qui émousse toute l’action et l’angoisse qui aurait pu en découler (Popov est agent double pendant la guerre, tout de même !), et les incohérences du monde de l’espionnage et les clichés des personnages ont fini par me sauter aux yeux.

Le seul point positif, c’est étonnamment le personnage le plus passif, l' »espion raté », Ian Fleming himself, que j’ai trouvé plus complexe et touchant que ceux qui l’entourent. Finalement, j’aurais peut-être préféré un roman entièrement de son point de vue.

Le beau livre du mois
Marie Curie, une femme dans son siècle, du Musée Curie et de Marion Augustin, introduit par Hélène Langevin-Joliot, avec la collaboration de Nathalie Pigeard-Micault. Paru chez Gründ.

De quoi ça parle ? Cette année 2017, nous fêtons l’anniversaire de la naissance de la grande Marie Curie qui aurait eu 150 ans (d’ailleurs, on vous en parlait récemment !). Pour l’occasion (et en profitant aussi d’une exposition organisée au Panthéon de Paris en collaboration avec le Musée Curie), est sorti ce très bel ouvrage consacré à la vie de cette scientifique.

Verdict ? Alors, je ne vais pas faire dans la demi-mesure pour qualifier ce beau livre : j’ai eu un énorme coup de cœur ! L’ouvrage, partagé en chapitres qui correspondent à des périodes de la vie de Marie Curie, alterne avec beaucoup de réussite textes, lettres de la main de Marie Curie ou de son entourage, photographies et articles de presse. Un vrai plaisir des yeux ! Tous les aspects de la vie de la scientifique sont également décrits, de son enfance dans une Pologne occupée à ses recherches et à ses Prix Nobel, sans oublier le fonctionnement de son laboratoire, sa vie privée et la transmission auprès de ses deux filles.

Bref, pour tous ceux qui veulent découvrir la vie de cette femme que l’on croit connaître, cet ouvrage est indispensable ! Très beau et d’un coût relativement modéré (30 euros pour un ouvrage de cette qualité, c’est plutôt un petit prix, eh oui !).

Le film du mois
Le Brio, film français sorti en salles le 22 novembre 2017, réalisé par Yvan Attal, avec (entre autres) Camélia Jordana, Daniel Auteuil et Nicolas Vaude.

De quoi ça parle ? Une jeune fille qui a grandi dans la banlieue parisienne, à Créteil, rêve de devenir avocate et intègre une fac prestigieuse, Paris Assas. Hélas, dès son premier jour de cours, elle est humiliée par un professeur raciste. Ce dernier, pour s’éviter les ennuis, doit toutefois prendre la jeune femme sous son aile et la préparer à un prestigieux concours d’éloquence.

Verdict ? Je ne m’attendais pas à grand-chose en allant voir ce film, à vrai dire. En voyant la bande annonce, je me suis dit que j’allais au-devant des clichés et j’allais sans doute regretter ma sortie au cinéma. Le Brio s’est finalement révélé être une bonne surprise !

Le film est réellement drôle et il est surtout porté par des acteurs formidables et crédibles. Le duo principal fait mouche, la banlieue de Créteil est filmée avec bienveillance (et ça fait du bien !) et toute la première moitié m’a absolument conquise. C’était pour tomber de plus haut dans la deuxième partie car non seulement le rythme s’essouffle mais en plus la fin m’a déçue. En se concentrant sur le duo, je trouve que le film choisit délibérément d’ignorer les conséquences de la formation de la jeune femme sur ses relations avec son entourage dans son milieu d’origine, bref on passe à côté de la question des classes sociales qui était pourtant le cœur de l’intrigue à la base. L’amourette, de ce point de vue, est plutôt mignonne mais assez ennuyeuse. Et si on ne fait pas l’erreur de tout pardonner au prof raciste, je trouve qu’il aurait quand même mérité plus de claques.

Bref, une déception pour moi, mais j’ai tout de même passé un bon moment, j’aurais juste aimé qu’on aille plus loin avec cette thématique porteuse…

La série du mois
Broadchurch saison 3, série télévisée britannique de Chris Chibnall, diffusée sur ITV et sur France 2 à partir du 23 octobre 2017. Avec David Tennant et Olivia Colman.

De quoi ça parle ? Troisième et dernière saison d’une série phénomène, Broadchurch met en scène une enquête policière dans une petite communauté anglaise (qu’elle perturbe, forcément). Après le meurtre d’un enfant en saison 1 et le procès qui en découle en saison 2 (saison que je n’ai pas vue), Alex Hardy et Ellie Miller ont une nouvelle affaire qui va de nouveau tout remettre en cause la tranquillité de la ville de Broadchurch : une femme a été violée lors d’une fête et tout indique qu’un prédateur sexuel rôde…

Verdict ? ATTENTION, quelques petits spoilers dans la suite (je ne donne pas de noms, mais je préfère prévenir !).

Contrairement à beaucoup, j’avais été un peu déçue de la saison 1 de Broadchurch (bon en plus, on m’avait raconté la fin ce qui avait beaucoup ôté au charme, il faut bien le dire). Si l’atmosphère de la série, les personnages et les acteurs étaient formidables, la résolution de l’intrigue, bien que partant d’une bonne idée, ne m’avait pas beaucoup plu. Pour vous expliquer sans trop spoiler, je n’aime pas les histoires de psychopathes dans le policier, car on m’enlève un truc qui me fait toujours plaisir : l’explication du crime. Si le type tue sans raison, ça perd beaucoup de son intérêt, je trouve. Alors, si dans la saison 1, je vous l’accorde, le coupable n’est pas un psychopathe ordinaire, il n’y a pas vraiment de raison à son geste…

Eh bien, j’ai retrouvé un peu le même problème (pour moi du moins) dans la saison 3. Si j’ai vraiment accroché à l’ambiance pesante, à la montée en tension, la résolution de l’affaire m’a fait retomber comme un soufflé. Si le sujet du viol a été abordé avec beaucoup de subtilité (d’ailleurs, c’en est presque complètement idéalisé), l’identité du vrai coupable, un « anormal » bien taré m’a déçue, d’autant qu’il permet d’excuser au passage les autres hommes de la série qui n’ont pourtant pas eu un comportement… hum… tout à fait légal (il y a quand même un harceleur dans le lot). Vraiment dommage. Néanmoins, ça reste agréable à suivre et le duo des policiers est toujours très plaisant.

Rédigé par Adeline Pavie