Que lire après Jane Austen ?

Culture

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vous emmène dans le pays où l’on prend toujours son thé à 16h, où l’on mange du pudding et surtout où Jane Austen a écrit ses romans, direction l’Angleterre ! Vous avez eu des étoiles dans les yeux en découvrant Orgueil et préjugés (et vous alternez les rediffusions de la mini-série de la BBC et du film), vous riez toujours autant avec Northanger Abbey et votre cœur palpite avec Raisons et Sentiments ? Je vous comprends, j’adore aussi Jane Austen et son ton si particulier.

Seulement, après avoir lu l’intégralité de ses romans et tourné la dernière page fatidique, vous avez encore envie de grands sentiments, d’humour anglais et de regards acérés sur la société… Heureusement me voilà ! Je vais vous présenter en quelques mots des auteures anglaises (plus ou moins connues) qui pourraient faire durer votre voyage au pays de Big Ben.

Surtout n’oubliez pas votre parapluie.

  • Envie de retrouver une héroïne pleine de caractère ? Lisez donc La Dame de Wildfell Hall d’Anne Brontë (1848).

Anne, c’est la moins célèbre des trois sœurs Brontë qui ont écrit des poèmes, des nouvelles et des romans durant la première partie du XIXe siècle (donc juste après Jane Austen). Et pourtant, elle met en scène dans ce roman une histoire extrêmement touchante à travers des thèmes universels, l’amour ou la maltraitance. On suit Gilbert Markham, un fermier prospère qui s’éprend d’une mystérieuse veuve qui vient d’arriver avec son jeune fils dans leur village – Helen Graham est évidemment la cible de tous les ragots du coin, puisqu’on n’a pas l’habitude de voir ainsi débarquer des étrangères. Markham va tenter de découvrir ce qu’elle semble cacher.

Ce que j’ai aimé dans La Dame de Wildfell Hall, c’est la force de l’héroïne qui défie les conventions de son époque pour se préserver et sauver son fils, jusqu’à prendre une décision tout simplement inacceptable pour son temps. Sensible et intelligente, elle parvient à se libérer de la cage dans laquelle elle était enfermée et son histoire avec Gilbert, qui prend forme par petites touches, est attendrissante.

Mais vous pouvez aussi lire les romans de ses sœurs, bien entendu : dans les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë met en scène l’une des héroïnes les plus célèbres de la littérature anglaise avec une histoire d’amour déchirante ; Charlotte Brontë, quant à elle, a créé le très beau personnage de Jane Eyre.

  • Envie de retrouver une description acide de la société anglaise ? Lisez donc Ruth d’Elizabeth Gaskell (1853).

Ce n’est pas forcément par Ruth qu’il faut commencer l’œuvre de Gaskell car il peut être assez rebutant au premier abord : je vous préviens, il s’agit d’un récit dans lequel l’auteure raconte quelles sont ses conceptions de la religion et du pardon. Il faut donc parfois un peu s’accrocher, surtout au début, mais on ne le regrette pas. Ruth, c’est une jeune orpheline très naïve et innocente que l’on envoie travailler dur dans un atelier de couture. Elle se laisse séduire puis enlever par un jeune homme de l’aristocratie qui finit par l’abandonner (comme une vieille chaussette) avant qu’elle ne découvre qu’elle est enceinte. Horreur et damnation dans cette Angleterre très puritaine ! Ruth est recueillie par un pasteur ouvert d’esprit, mais doit mentir sur son passé pour être acceptée.

Gaskell n’a pas son pareil pour décrire les mœurs des petites sociétés anglaises très renfermées de l’époque avec leurs conventions et leur attachement suranné à l’honneur et à la morale. Si elle décrit le cheminement d’une jeune fille qui devient une femme absolument admirable (car oui, Ruth évolue énormément au cours du roman), si elle se moque des caractères des uns et des autres et de leurs faiblesses, elle est allée bien au-delà, sans en avoir conscience, je pense. J’ai lu ce roman avec mon regard actuel et j’y ai vu une critique bien acide des inégalités entre les hommes et les femmes, du poids que l’on fait peser sur les enfants et des convenances qui nous font juger des personnes à cause des préjugés.

Mais vous pouvez aussi lire Nord et Sud de la même auteure qui décrit avec beaucoup de sensibilité l’Angleterre de son époque. En effet, comme dans Ruth, elle met en scène les classes ouvrières et laborieuses, beaucoup trop souvent ignorées dans les romans de Jane Austen ou des sœurs Brontë.

  • Envie d’humour british ? Lisez donc Christmas Pudding de Nancy Mitford (1932).

La reine de l’humour, c’est Nancy Mitford ! Née dans l’aristocratie anglaise du début du XXe siècle, elle en a les codes, le ton décalé et la langue de vipère foudroyante. Elle se moque sans pitié des travers de son temps et de ses personnages grâce à des répliques bien senties ou des situations absurdes dont on se délecte. Dans Christmas Pudding, l’un de ses premiers romans, elle raconte comment de jeunes aristocrates londoniens se retrouvent à passer les fêtes dans la campagne anglaise et s’y confrontent à la vieille noblesse terrienne – alors que l’un d’entre eux s’introduit en secret dans la demeure de la Lady du coin pour y faire des fouilles dans les archives familiales. Tout le monde en prend pour son grade et est tourné en ridicule, jusqu’aux histoires de cœur.

Nancy Mitford a sa force : celle de ne rien prendre au sérieux ! Ses romans se dégustent toujours avec beaucoup de plaisir, comme de petites friandises. Elle permet de découvrir ce qui amusait cette jeunesse dorée britannique dans l’entre-deux-guerres – et lorsqu’elle s’attaque à la politique ou aux idéologies, elle en trouve toujours la faille pour mieux les dénoncer.

Mais vous pouvez aussi lire tous les autres romans de Nancy Mitford que je vous conseille les yeux fermés. Celui qui m’a fait le plus rire, c’est sans conteste Tir au pigeon qui fourmille d’idées très drôles dans une Angleterre qui vient tout juste de déclarer la guerre à l’Allemagne en 1939 et qui met en scène une aristocrate qui cherche à aider – sans trop savoir comment. Enfin, vous pouvez aussi vous procurer les romans d’après-guerre de Nancy, c’està-dire sa trilogie sur l’amour (La Poursuite de l’amour, L’Amour dans un climat froid et Le Cher ange) qui est aussi une petite pépite.

  • Envie de vivre au rythme d’un petit village anglais ? Lisez donc La Dernière conquête du Major Pettigrew d’Helen Simonson (2012).

On traverse encore de nouvelles décennies pour atterrir au plus près de nous avec ce roman d’Helen Simonson. Cette auteure nous plonge dans le quotidien d’une bourgade anglaise bien engluée dans ses traditions et ses convenances. Le personnage principal, pour le coup, est un homme, c’est le major Pettigrew, un retraité qui a perdu sa femme quelques années auparavant et qui s’entend assez mal avec son fils et le reste de sa famille de manière générale. Bien malgré lui, il va se mettre à défier ces fameuses convenances en s’éprenant d’une jeune veuve qui a deux handicaps pour la bonne société britannique : elle est l’épicière du village et d’origine pakistanaise.

Helen Simonson s’inscrit dans la lignée de ses illustres devancières avec une plume à la fois ironique et pleine d’empathie pour ses personnages qu’elle rend très attachants. Ce que j’aime avec elle, c’est qu’elle nous décrit son village anglais avec tendresse mais sans illusion, en y soulignant la xénophobie qui y existe et ses traditions qu’il faut savoir dépasser. Et si la fin est un petit peu rapide, on ne peut qu’être séduit par la major Pettigrew et son adorable histoire d’amour.

Mais vous pouvez aussi lire le deuxième roman d’Helen Simonson, L’Été avant la guerre dans lequel on plonge dans un autre petit village anglais à la veille de la Première Guerre mondiale qui va balayer les relations sociales et les vieilles habitudes – notamment à travers un personnage principal féminin qui rêve d’indépendance et de liberté et que j’ai adoré.

Me voici arrivée aux termes de mes conseils et j’espère vous avoir fait découvrir quelques romancières anglaises dignes de figurer à la suite de Jane Austen. J’espère continuer à en découvrir de nouvelles et si vous avez des conseils lecture sur ce thème, surtout n’hésitez pas !

Livres cités :

- La Dame de Wildfell Hall d’Anne Brontë (1848)Ruth d’Elizabeth Gaskell (1853)Christmas Pudding de Nancy Mitford (1932)La Dernière conquête du Major Pettigrew d’Helen Simonson

À très vite pour un nouvel article !

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4 Commentaires

  1. Olala j’ai envie de lire tous les romans dont tu as parlé, j’ai Christmas Pudding dans ma PAL, on va commencer par celui là avant de faire de nouveaux achats haha
    Merci beaucoup pour ces bonnes idées lecture !

    • Ooh merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait très plaisir d’avoir réussi à te donner envie de lire ces ouvrages (et de t’avoir donné quelques nouvelles idées !!).

      Bonne lecture, j’espère que tu apprécieras la plume de Nancy Mitford autant que moi !

  2. J’ai envie de dire merçi!! merçi parce que j’adore Jane Austen et tous ce qui peut me plonger dans une ambiance similaire! Alors encore une fois merçi pour ce bel article!

    • Je suis ravie que cet article t’ait intéressée – et que tu aies pu récupérer quelques titres au passage. Bonnes lectures !

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