Aujourd’hui, on ne perd pas de temps, on vous propose sans autre forme d’introduction ces 4 petites chroniques de romans rédigées par Adeline, en espérant que vous y trouviez votre bonheur 😉

La mille et deuxième nuit, Carole Geneix, Rivages.

De quoi ça parle ? De l’assassinat d’une comtesse russe en 1912, en plein cœur d’une fête du « roi de Paris », le couturier Paul Poiret – et l’on suit le secrétaire de la comtesse, son fils et l’épouse de Poiret avant et après l’événement.

Lecture agréable et distrayante, servie par une plume très jolie. Même si l’intrigue met du temps à démarrer (ne vous attendez pas à un vrai polar), j’ai beaucoup apprécié les personnages (malgré quelques clichés), l’ambiance Belle Epoque et… la fin très réussie. Le (gros) bémol : j’ai trouvé la ville de Paris désincarnée, j’aurais aimé de me promener davantage dans ses rues !

 

L’étrange disparition d’Esme Lennox, Maggie O’Farrell, Belfond

De quoi ça parle ? Coup de cœur pour ce roman poignant qui raconte l’histoire d’une jeune femme enfermée dans un asile dans les années 1930 parce qu’elle n’arrive pas à s’adapter aux usages sociaux de son temps. 60 ans plus tard, Iris découvre cette grand-tante que toute la famille a oubliée.

 

On ne parvient pas à lâcher pas cette histoire racontée à trois voix (celle d’Iris, d’Esme et de la sœur de cette dernière) jusqu’à la tragédie finale. À lire absolument – ne serait-ce que parce que ce récit s’appuie sur une réalité : le destin de ces femmes enfermées dans des asiles par la simple volonté de leur père ou de leur mari.

 

La destinée, la mort et moi, comme j’ai conjuré le sort, S.G. Browne, éditions 10/18

De quoi ça parle ? Sergio est un immortel qui incarne le Sort mais il en est venu à détester son travail. En charge de l’attribution des heurs et malheurs qui frappent les humains (du moins les 83% qui ne destinés à une vie exceptionnelle), il est las de les voir tout foirer à cause de leurs erreurs de jugement. Tombé amoureux d’une mortelle, il se met à s’ingérer dans les choix de ses humains, au mépris des règles édictées par Jerry, Dieu tout puissant.

Satire très drôle de notre société de consommation, ce roman propose le parcours d’un personnage cynique (un vrai connard au début du livre !), qui change progressivement et se prend d’affection pour les humains qu’il veut voir réussir leur vie. Si Sergio est parfois très désagréable et si le récit se focalise inexplicablement sur le monde occidental (sans citer une seule fois l’Afrique par exemple…), j’ai adoré la lecture de cet ouvrage jubilatoire, enlevé, qui se révèle très touchant dans ses derniers chapitres. Et qui redonne foi dans l’humanité : finalement tous les humains sont dignes d’avoir une vie exceptionnelle ! Attention toutefois, la langue est crue, notamment dans les scènes de sexe.

Le magasin jaune, Marc Trévidic, éditions JC Lattès)

De quoi ça parle ? Au début de l’année 1929, un couple rachète un magasin de jouets en faillite vers Pigalle à Paris. Naît le magasin jaune, un repaire pour tous les enfants du quartier. Mais hors des murs de ce lieu enchanté, le monde change avec la crise financière puis l’arrivée des Allemands dans la capitale. Le magasin jaune sera-t-il préservé des atroces réalités ?

Vous le savez peut-être déjà, j’apprécie toujours beaucoup les romans historiques et j’ai en effet passé un moment agréable avec cet ouvrage. Toutefois, malgré les personnages attachants (notamment les enfants que j’ai adorés) et les bonnes idées de l’intrigue, j’ai malheureusement trouvé l’écriture confuse, d’autant qu’elle adopte à certaines occasions un ton lyrique voire mélodramatique un peu de trop.

En bref, si vous voulez une petite tranche de vie d’une rue de Pigalle (car les personnages n’en sortent guère) et passer un bon moment, ce livre est fait pour vous ! Pour ma part, je sais qu’il ne va pas davantage me marquer.